Commentaire stylistique du Psautier de Jeanne de Laval

L’œuvre du Maître du Psautier de Jeanne de Laval a été reconstituée par Eberhard König (voir bibliographie), avec celles d’autres enlumineurs actifs dans l’Ouest de la France (Maine, Anjou et Poitou) à la même époque. François Avril, à l’occasion de l’exposition « Quand la peinture était dans les livres » de 1993-1994, revit les attributions faites à cet artiste et précisa sa période d’activité. C’est de ces deux ouvrages fondamentaux que sont tirés les considérations stylistiques présentées ci-après.

Psautier de Jeanne de Laval, Descente de la croix Deux traits principaux distinguent la manière du Maître du Psautier de Jeanne de Laval. Le premier est une impression de pesanteur, qui tient à la fois aux contours nets et aux silhouettes trapues des personnages (par exemple, f. 16 avec la Descente de croix), et à une palette de couleurs saturées et opaques. Ces aplats, peu modelés, annihilent la profondeur spatiale, créant une atmosphère irréelle qu’on devait retrouver plus tard dans les miniatures de Robinet Testard, actif dans le Poitou dans le dernier quart du XVe siècle (voir par exemple Paris, BNF, ms. Fr. 22971 sur Mandragore).

La seconde caractéristique du Maître du Psautier de Jeanne de Laval est qu’il s’inspire volontiers d’autres artistes pour élaborer ses compositions. Plusieurs emprunts ont été identifiés dans le présent manuscrit :
Psautier de Jeanne de Laval, Portement de croix et Crucifixion
– De modèles antérieurs, dont il existe d’autres témoins dans l’ouest de la France, proviennent le Portement de la Croix (f. 14, à comparer avec Orléans, Musée, Historique et archéologique, A 5826, f. 44 : Heures à l’usage de Rennes, Bretagne, vers 1140-1450 http://initiale.irht.cnrs.fr/decors/decors.php?imageInd=1&id=17898), la Descente de croix (f. 16) et la Mise au Tombeau (f. 17), cette dernière étant analogue à la composition des Heures Sobieski (Château de Windsor, Royal Library).
Psautier de Jeanne de Laval, Ascension
– Les fameuses Heures d’Etienne Chevalier peintes par Jean Fouquet (http://expositions.bnf.fr/fouquet/enimages/chevalier/intro.htm) ont inspiré plusieurs figures dans le Psautier de Jeanne de Laval pour l’Ascension (f. 19) et la Pentecôte (f. 20, à comparer avec la composition d’ensemble de la Pentecôte http://expositions.bnf.fr/fouquet/enimages/chevalier/f079.htm des Heures d’Etienne Chevalier, à laquelle ont été ajoutés les apôtres agenouillés de la Dormition de la Vierge http://expositions.bnf.fr/fouquet/enimages/chevalier/f080.htm) provenant du même manuscrit).

Recherche

Menu principal

Haut de page