Approche stylistique, exemples de sources d’inspiration du Maître de Jeanne de Laval

Le Psautier de Jeanne de Laval est richement illustré de dix enluminures pleines pages formant un cycle sur le thème de la Passion du Christ auquel s’ajoute la scène de la Résurrection, de l’Ascension et de la Pentecôte. Ces miniatures sont regroupées en tête du manuscrit, sur le recto des feuillets 11 à 20, entre le calendrier et les psaumes. Elles participent grandement au caractère luxueux de l’ouvrage.
Certains spécialistes de l’enluminure considèrent les réalisations du Maître de Jeanne de Laval comme un « catalogue » de l’art de son temps et de son milieu[1]. En effet, de multiples influences d’autres artistes sont perceptibles dans ses œuvres et en particulier dans le psautier qu’il a enluminé pour la reine. Les influences entre artistes pouvant aller jusqu’à la copie, qui aujourd’hui passent pour des plagiats, étaient pourtant particulièrement courantes à l’époque. Même si les modalités de ces échanges sont mal connues, nous savons qu’il existait notamment des cahiers de modèles circulant parmi les artistes. Pour illustrer cette idée, nous pouvons rapprocher le cycle d’enluminures du Psautier de Jeanne de Laval de deux œuvres issues de l’atelier de deux des plus grands enlumineurs du XVe siècle. La première, la plus connue, concerne les Heures d’Étienne Chevalier enluminées par Jean Fouquet. La seconde œuvre, identifiée par nos récentes recherches, est un exemplaire du Miroir historial enluminé par Maître François pour Jacques d’Armagnac.

Notes

[1] STIRNEMANN (Patricia), dans L’enluminure en France au temps de Jean Fouquet, Chantilly, 2005, p. 42-43 : « Le talent de ce Maître de Jeanne de Laval est plus modeste que ses aspirations. Ainsi, son œuvre se lit comme un catalogue des grands artistes de la ville, tant il prélève d’idées dans leurs compositions»

Recherche

Menu principal

Haut de page